Le processus de socialisation de la ville numérique : objets techniques, usages et représentations

Jean-François Lucas
LTCI UMR CNRS 5141, Télécom ParisTech, Paris, FR

PODCAST INDISPONIBLE

Abstract
Au fil de sa relation avec les technologies du numérique, la ville a été désignée de miroir, d’hybride, ou encore d’augmentée. Depuis peu, elle deviendrait intelligente. Ainsi, comment interpréter cette figure de la ville qu’est la Smart City – ou ville intelligente –, « mantra de l’urbanisme au temps du numérique » prolongement ou la poursuite de précédents types de « villes numériques », ou un nouveau paradigme appelant à la transition d’un modèle de ville à un autre ?

Cette communication questionnera l’évolution de la notion de « ville numérique » au travers de trois temporalités propres à la socialisation des techniques (Scardigli, 1992). La première temporalité, qui est la plus rapide, est celle du développement technique des objets qui composent la ville numérique. La seconde temporalité, plus lente, correspond à l’appropriation sociale et culturelle de ces mêmes objets. C’est le temps des usages.
Enfin, la troisième temporalité est celle des représentations, des mythes (Moles, 1990), des archétypes et des imaginaires qui travaillent de façon souterraine dans une temporalité bien plus longue.

Sur ce point, nous questionnerons les imaginaires de la ville numérique au travers d’ambivalences (« promesse/chimère », « liberté/surveillance », etc.). Pour montrer la stabilité de ces imaginaires dans le temps, nous les relierons à la figure du réseau (Musso, 2008 ; Picon, 2014). En complément, pour comprendre l’évolution, la formation et les modalités de « circulation » des imaginaires de la ville numérique, nous interrogerons des représentations plus récentes – à l’image de la science-fiction (Picon, 2013) –, ainsi que les acteurs qui les produisent (Flichy, 2003).

La Smart City sera alors appréhendée comme une figure de la ville numérique résultant d’une tension construite autour de deux pôles qui sont, d’un côté, le maintien des trois temporalités présentées et, de l’autre, leur diminution et leur rapprochement. Nous ferons alors l’hypothèse que l’intelligence de la Smart City résulte de la multiplication et de la confrontation des représentations que nous en produisons.

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